Le Pnud recherche un Consultant international pour l’analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (AGVSAN) en Guinée

Procurement Process : RFQ – Request for quotation
Office : GUINEA – GUINEA
Deadline : 23-Feb-18
Posted on : 09-Feb-18
Development Area : CONSULTANTS CONSULTANTS
Reference Number : 44074
Link to Atlas Project :
00063738 – Appui à la SRP et à la SNDS
Documents :
TDRs
Overview : La Guinée est un pays à revenu faible, classé à la 183ème place sur 188 pays pour son indice de développement humain (PNUD, 2016). Sur le plan géographique, la Guinée occupe un territoire de 245,857 km2 et est peuplée de 10 523 261 habitants (RGPH3, 2014). Sa côte face à l’océan Atlantique s’étend sur 320 km au sud-ouest et accueille la capitale Conakry. Elle est divisée en quatre régions naturelles : la Basse-Guinée,  la Moyenne-Guinée, la Haute-Guinée et la Guinée Forestière. Sur le plan administratif, le pays est subdivisé en sept régions administratives (Boké, Kindia, Labé, Mamou, Faranah, Kankan et N’Zérékoré) et la région de Conakry, constituée par la grande zone urbaine de la capitale. Les régions sont à leur tour subdivisées en 33 préfectures, elles-mêmes subdivisées en sous-préfectures (303 communes rurales et 38 communes urbaines, parmi lesquelles cinq composent la ville de Conakry).

La dernière étude Analyse Globale de la Vulnérabilité et de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (AGVSAN) menée en 2012 a montré qu’il existait en Guinée des poches d’insécurité alimentaire grave, en particulier en Guinée Forestière et dans la préfecture de Faranah. L’insécurité alimentaire modérée reste prédominante, surtout pendant la saison hivernale de juillet à septembre, au cours de laquelle une large partie de la population vulnérable souffre d’un déficit alimentaire dû à un manque d’accès physique et financier aux denrées alimentaires ainsi que la mauvaise gestion des recettes et des stocks alimentaires, plutôt que le manque de disponibilité. L’insécurité alimentaire touche davantage les foyers dans les zones rurales que les foyers en zone urbaine (WFP, 01/2014). Selon l’étude nationale sur la sécurité alimentaire de 2012, la prévalence de l’insécurité alimentaire est la plus élevée dans l’ouest (en particulier dans les régions de Boké, Kindia et Conakry) et dans le sud-Est (notamment dans la région de N’Zérékoré), ou la demande dépasse l’offre, entrainant ainsi une hausse des prix plus importante que dans le reste du pays. Les échanges commerciaux y sont défavorables pour les producteurs et cette situation est encore exacerbée par la proximité des marchés transfrontaliers.

Sur le plan de la nutrition, le taux de malnutrition chronique est élevé́ en Guinée, ce qui s’explique par l’insuffisance des pratiques de soins et d’hygiène, l’accès limité aux soins de santé́ et à l’eau potable, le manque de diversité́ dans le régime alimentaire et la forte dépendance aux céréales. La malnutrition par déficit nutritionnel est un problème de santé publique en Guinée, l’enquête MICS 2016, a trouvé 33% d’enfant touchés par le retard de croissance qui dépasse la prévalence relevée par la SMART 2015, le retard de croissance en Guinée se classe selon la classification de l’OMS a un niveau sérieux voir critique pour la région de Labé (43%), Faranah (41%), Mamou (39%), Kankan (35%) et Boké (33%). La même enquête MICS a relevé que la malnutrition aigüe globale (MAG) reste encore à un niveau sérieux avec 8,6% d’enfants affectés par rapport aux 8,1% montrés par la SMART 2015. Cette persistance de la dénutrition pourrait s’expliquer par le faible niveau de couverture des interventions à haut impact (spécifiques et sensibles à la nutrition). Les carences en macronutriments touchent selon les données de l’EDS IV 2012 plus de sept enfants sur dix (77%), qui sont atteints d’anémie. Dans l’ensemble du pays, seulement 41% des enfants de moins de cinq ans ont reçu des suppléments de vitamine A. Les carences en micronutriments et vitamine A, même modérées, altèrent le système immunitaire et réduisent la résistance aux infections. La dernière enquête sécurité alimentaire réalisée en Guinée en 2015 n’avait pas pris en compte les dimensions nutritionnelles, ce qui limite l’analyse des déterminants et l’interrelation entre l’insécurité alimentaire des ménages et la malnutrition maternelle et infantile, et donc la conception de réponses efficaces et coordonnées qui abordent les causes sous-jacentes de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition.

La Maladie à Virus Ebola (MVE) a touché 3,249 cas confirmés depuis le début de la crise en mars 2014 en Guinée jusqu’à sa fin mi-2015. Les résultats de l’évaluation de la sécurité alimentaire en situation d’urgence (EFSA) menée la même année ont montré que près de 2 millions de personnes étaient en insécurité alimentaire, dont 59,000 en insécurité alimentaire sévère. De plus, le Réseau Prévention des Crises Alimentaires (RPCA) attirait en 2015 l’attention sur l’existence de signaux négatifs pouvant affecter la sécurité alimentaire et la résilience des populations, comme le difficile retour des paysans dans leurs champs au niveau des zones affectées, la perte de leurs moyens de production, le temps nécessaire pour la reconstitution des moyens d’existence, et les difficultés de mise en œuvre des programmes d’assistance nutritionnelle en raison de la méfiance des populations dans la fréquentation des centres sanitaires et éducatifs. Cependant, il n’y a pas eu d’étude approfondie de la sécurité alimentaire et nutritionnelle à l’échelle nationale depuis la fin officielle de l’épidémie de MVE pour identifier son impact sur les populations touchées.

Cette étude globale est conçue de manière inclusive, en partenariat avec le gouvernement guinéen, les agences des Nations Unies et d’autres acteurs. Elle arrive à un moment critique puisque la dernière enquête de ce type remonte à plus de cinq ans, et vise à pallier au manque de données mises à jour, scientifiquement valables, et représentatives à l’échelle nationale et préfectorale sur la situation alimentaire en Guinée. Ce processus s’aligne avec la revue « Zero Hunger » prévue en fin d’année par le Système des Nations Unies en Guinée sous le lead du PAM, et s’inscrira comme un échelon clé dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable, en particulier les Objectifs 2 (Lutte contre la faim) et 17 (Partenariats pour la réalisation des objectifs).  Les données actualisées ainsi obtenues permettront une meilleure définition des interventions dans le cadre du prochain cycle de planification du PAM et de ses partenaires en Guinée. Les données clés sur la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Guinée permettront également une prise de décision informée, et l’identification des besoins et cibles prioritaires pour les prochaines années en matière de sécurité alimentaire et de nutrition. Ainsi, cette enquête constituera un support institutionnel solide pour renforcer les capacités des cadres dans la prévention et la gestion des crises alimentaires et nutritionnelles en Guinée. Plus particulièrement, l’AGVSAN permettra d’apporter une réponse aux questions suivantes :

  • Qui sont les personnes vulnérables vivant dans l’insécurité alimentaire et malnutrition?
  • Combien sont ces elles, avec un focus particulier sur les femmes et les enfants?
  • Où vivent-elles?
  • Pourquoi sont-elles vulnérables et vivent-elles dans l’insécurité alimentaire?
  • Comment pourrait-on améliorer leurs conditions de vie?

La période planifiée pour l’enquête est l’intersaison, en avril 2018, et les résultats de l’enquête seront représentatifs au niveau préfectoral. Les informations qui seront recueillies et analysées dans les semaines suivant la collecte fourniront des détails sur la situation alimentaire et l’état nutritionnel des groupes vulnérables et leur profil, leurs activités économiques, leur profil socio-culturel, leur milieu de résidence et les facteurs de leur vulnérabilité. Par ailleurs, le rapport de l’AGVSAN fournira aux acteurs une série de recommandations leur permettant de mieux concevoir leur ciblage et de renforcer ou de réorienter leur stratégie d’intervention. Grace à cela, l’AGVSAN constituera un outil clé pour le plaidoyer à la fois pour le Gouvernement guinéen et ses partenaires techniques et financiers, le PAM et les autres Agences du Système des Nations Unies (SNU), la Banque Mondiale les ONGs, etc. C’est dans le cadre de la conduite de cette enquête qu’un(e) consultant(e) international(e) sera recruté.

Les dossiers de candidatures doivent être envoyés sous pli fermé :

A l’adresse de : Directeur Pays Adjoint/Opérations

PNUD Guinée – Maison Commune – Coléah Corniche Sud, Rue M002

BP 222 Conakry, Commune de Matam –  Rép de Guinée

Ou par e-mail :

A: ic.offres.gn@undp.org

Date limite de dépôt des dossiers : 23 février 2018

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